Voilà, je raccroche les bâtons. C’est terminé …pour cette fois. Demain retour vers la France.
Je suis assise au soleil dans ce tranquille village.

Les cloches sonnent dans la gigantesque et fière et froide église marquée par le temps qui passe.

Les cigognes caquettent à ce printemps prometteur. Le toit de l’église leur offre de larges plateforme pour installer leur nid.

En ce dernier jour, je me suis offert quelques kilomètres à grande vitesse sans me soucier des pieds, du dos… plutôt bien ce test ! Meme si, il faut l’avouer, j’emporte une nouvelle ampoule en souvenir.
Une journée tellement semblable aux autres, au gré des lignes droites et des surprises au milieu de nulle part.
Voilà ce que je retiendrai de cette Espagne, tous ces villages, tous ces lieux de culte « au milieu de nulle part », sur le chemin.
J’imagine tous les autres villages, abandonnes à leur isolement. Le Chemin c’est la vie, hors chemin c’est la mort.
Au fil des jours une Espagne différente apparait. Depuis ce milieu de journée, je me sens bien loin dans ces villages qui se font bas sans doute pour se protéger face a ce soleil dont on sent la puissance prochaine.

La qualité du silence a changé. Je ne sais ni comment ni pourquoi.
Parfois j’ai porté mes mains à mes yeux craignant avoir égaré mes lunettes de soleil, tant la lumiere est forte.


Départ ce matin à 7h pour mon grand plaisir quotidien : voir lentement la lumiere arriver nimbée de rose ouaté, sur le leger brouillard qui peu à peu se disperse.

Et puis le soleil apparait dans le froid matinal.
Le vent se lève plus tard sur les grands plateaux qui ne lui opposent aucun obstacle. Parfois une motte de terre décolle en tourbillons de poussière.
Ce matin, le soleil était déjà levé lorsque j’ai attaqué une brève mais vigoureuse montée.


Puis le grand Rien, à méditer sur le temps et surtout à penser à vous tous. je peux passer de longs moments avec chacun d’entre vous.

Parfois une surprise vient me sortir de mes pensées. Ce matin ce fut « l’hospital de San Nicolas », une des âmes du chemin.



Lieu d’accueil, pour se réconforter avec boisson et nourriture, si besoin pour dormir, « donativo » ( libre service, donation libre et anonyme, lieu sous la responsabilité d’un hospitalier).
Et puis, soudain, comme incongru, un pont, de l’eau.

Retour au grand Rien


et me voilà arrivée.
Un concert de cigognes nichees sur le toit de l’église rend ce village tout de suite sympathique

Demain, retour vers la vie « normale ».