Pour une fois, je me suis inscrite ( à mon insu) dans une étape classique, telle que répertoriée dans les guides.
Une vingtaine de kilomètres annoncés « étape sans difficulté. Bon, pour etre franche, j’étais « rendue » à l’arrivée.
Je pourrais en rester là dans la description car, …,il ne se passe rien.. des chemins droits ou légèrement courbes, à perte de vue dans une campagne rude et uniforme, sans aucune fantaisie, nulle foret, nulle prairie. Les villages se succèdent et se ressemblent, un peu hors du monde, dans une torpeur que meme le passage du Camino ne trouble pas. Les deux bars de rigueur se disputent la clientèle mais le pèlerin est prévisible .. il s’arrête a la première occasion venue.
La pèlerine a ralentit l’allure. Pourquoi se presser ? Chaque pas suit l’autre lourdement dans un décor trompeur d’immobilisme.
Le soleil est clement, le vent courtoisement frais.
Juste mettre un pied puis un autre sans aucun autre but que le pas suivant. Les pensées voguent dans les hauteurs philosophiques de la vie ou se concentrent brutalement sur ce foutu sac, ces pieds qui ne veulent vraiment pas se taire, meme au bout de 8 jours.
La Mezeta ca doit etre ce grand Rien !
Mais, je peux aussi raconter une version légèrement différente.
Ce matin départ un peu poussif vers 8h. Bye bye mon hotel

La sortie de Burgos est tres agreable, au milieu de parcs et d’arbres.





N’oublions pas le gout des fresques murales, le plus souvent, sur le thème du Camino






J’ai parcouru environ 4km et, dans mes grandes reflexion philosophique du matin, brutalement, un eclair de lucidité m’arrete, juste devant cette chappelle.
J’ai oublié mon pantalon numéro 2 à l’hotel… sachant que je n’ai que 2 pantalons dont un sur moi..
Ca mouline vite dans la tete. Apres avoir éliminé les plans foireux du style « ben c’est comme ca, tu vas t’en passer » ou « tu le fais envoyer à ton hebergement ce soir » Ah oui celui que tu n’as pas reservé ?, la raison me dit d’appeler l’hotel, ou plutôt d’envoyer un message watsapp.
Apres une dure nego ( uber pas possible et moi pas parler espagnol) et partage de ma position google, l’hotel accepte de m’envoyer un taxi, qui arrive un moment plus tard avec mon fameux pantalon.
Avoir si peu de choses et etre capable d’en perdre, c’est fort !
Et c’est reparti après une heure d’aventure pantalon




Encore une histoire archéologique


Je m’octroie une pause café … ou plutôt pause pastilla assez bien notée ( je deviens spécialiste)







A la sortie du village, une petite chapelle toute simple … sa porte est ouverte. De la musique sacrée invite a entrer.
Tous les pèlerins s’y arrêtent, plus ou moins longtemps, parfois pour prier ou méditer.
Au fond de la chapelle se tient une toute petite soeur devant une table sur laquelle s’étalent des papiers, des médailles.
Une femme que j’ai vu tout a l’heure repose sur son épaule, en pleurs. Je vois alors la toute petite soeur la serrer largement dans ses bras.
En un instant, tout prend une autre dimension.
Moi aussi j’aurai ma médaille.
J’aurai appris, en francais, qu’elle est restée longtemps au Congo et qu’elle travaillait dans un hôpital et s’occupait surtout d’enfants. Elle m’a aussi parlé de la rue du Bac…
Je crois que c’est vraiment ca le chemin.

Et c’est reparti




