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Les aventures de NaNa autour du monde
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Tromperie ! 21 km annonces.. mes pieds sentent beaucoup plus et mon iPhone affiche 24,5 !
Mes pieds affichaient STOP depuis longtemps déjà ! Resultat, ce soir, compeed au programme. Pour les non inities Compeed est une marque fameuse pour les pansements pour ampoules.
Mais reprenons dans le petit matin, vers 7h15. A ce moment la tout va.



La Navarre est vallonnée ( parlez-en a mes genoux) et boisée. La journée se déroulera sur des chemins, dans les bois.


Dans le parc qui entoure Roncevaux




Maison typique de la Navarre



Et pour terminer quelques beaute vous saluent



Roncevaux ca se mérite !

Commençons par le commencement.
Quitter cette merveilleuse halte au petit matin


Prendre la route

Et cette route s’etire

Bientot les petits chemins en sous bois remplacent la route. Houffff






Profiter des chemins au bord du ruisseau


Ca commence a monter terriblement. Au total 900 m de dénivelé. Pour un deuxieme jour, ca marque les muscles.
Et la tete. C’est dans cette interminable montée que je trouverai la réponse a mes doutes d’hier.
Finalement, peu importe que ce soit ou non le dernier départ. Cette randonnée, ce pèlerinage, je vais le vivre intensément, comme si c’était le dernier.
Et peu importe que j’aie mal aux pieds ou ailleurs, il existe un rythme et une distance que mon corps va aimer. Ralentir permet de mieux sentir, apprécier, voir.

C’est le sommet avant de redescendre vers Roncevaux.

La neige est toute proche malgré une température proche de 20 degrés.


Je sais, ca n’a pas l’air haut..




Elle vous disent au revoir
Saint-Jean pied de port a Valcarlos, le 15 mars 2024
Départ de Saint Jean Pied de port ce matin


Partir… un rêve… tout laisser derrière ou a cote de soi.
Le départ au petit matin.. cet instant fugace ou tout est possible dans cette fraicheur première. Ou des bandes de brumes se dissolvent au soleil..

Et puis il y a la réalité …
Chaque départ pose la question du dernier ?
C’est le (ou plus honnêtement, c’est un) jour de doute.
Rapidement, trop rapidement, viennent les inconforts, les douleurs, le sac finalement trop lourd… et le doute s’installe.. vais-je retrouver ces moments d’intenses plaisirs dans tout le corps ?

Ou alors.. ce sera peut etre le départ de trop. Il en faut un. Mes pieds ne tiendront pas ou une autre partie du corps.
J’ai parcouru 14 km depuis saint Jean Pied de port avec peu de hauts et bien des bas. Arrivée a Valcarlos avant midi.
Comment trouver un logement ou je puisse poser sereinement ma carcasse ? Ce sera à l’instinct, tout simplement. Et, aujourd’hui mon instinct est efficace.
Me voila dans une ancienne maison traditionnelle remise en etat et décorée par une jeune femme qui vit seule avec son chien. Je trouve ce lieu absolument magnifique..





Ce soir ce sera diner a l’auberge. Mon instinct me dit que ca va etre au meme niveau.
Ne pas oublier de dire mes rencontres avec le monde entier qui s’est donne rendez-vous sur le Camino Frances. Afrique du sud, Australie, USA, Corée du sud, etc.. je n’ai pas parle français de toute la matinée.
Le chemin longe la frontière espagnole alors ici tout le monde parle espagnol et français ( au moins un peu).
A midi, repas dans le bar-restaurant-supermarché local. Et bien c’était simple et super bon.
A part la sieste puis le repos sur la terrasse de mon auberge, peu de choses ..

l’église était fermée.

J’ai decide de consacrer cet article aux belles discrètes du bord des chemins

















Ce matin la, départ groupe avec mes amis du soir. Estomac leger, uniquement du cafe, nous grimpons allègrement

A midi arrêt dans un magnifique hotel restaurant comme on n’en trouve plus.

Dans la serie des hasards/rencontres, le patron est Corse de Basteliccachia…
Au menu cannelloni au fromage local !
Nous repartons avant la séparation. Je quitte mes franco suisses pour prendre la direction de Masclaux.
Arrivée dans un endroit et une chambre magiques. papotages avec l’hôtesse autour d’un baquet de tomates !
Repas dans le jardin





Tout a commence le 12 juillet. Ce sera donc « Le chemin de Stevenson ».
Mais mon incapacité a me projeter rend les choses compliquées en 2023.
Je tape dans l’appli SNCF « Paris-Le Puy en Velay » le 13 juillet… il faut se rendre a l’evidence.. tous les trains sont complets. itinéraire prévu par Clermont Ferrand.
Apres un peu de réflexion, je feinte la SNCF avec un itinéraire par Lyon. Une seule place disponible ! Tout s’arrange comme d’habitude.
Dans le TGV vers Lyon, il est temps de penser a l’hébergement du soir.
Le choix apparait vaste au Puy en Velay. Je ne sais pourquoi je retiens sans hésitation une chambre dans un appartement. Ce sera la première merveilleuse surprise de ce voyage.
La chambre se transforme en un appartement pour moi seule. Mon hôtesse se transforme en une étonnante rencontre. Nous resterons a deviser longuement sur sa terrasse avec vue sur Le Puy.


Qu’est ce qui crée cette magie de la rencontre ? sans doute une forme de disponibilité a l’autre qui fait que l’on va a l’essentiel, a ce qui est universel.
Et puis, il faudra arrêter de parler lorsque l’on sent qu’on atteint les limites au delà desquelles ce serait une vraie relation avec un futur partage. Peut etre un jour je serai lassée de toutes ces rencontres d’un moment. Ce n’est pas encore le cas. Je les reçois comme un cadeau qui me permet d’avancer.
Le 14 juillet départ du Puy a 6h du matin pour éviter les grosses chaleurs.
Il faut savoir que tout départ du Puy se mérite ! Toujours une belle montée pour remettre les pendules a l’heure.

Quitter le Puy au petit matin




Il voletait, pépiant de poteau en poteau le long du chemin, me laissant approcher au delà du raisonnable.
Arrivée a Monastier sur Gazeille.. dans un des lieux les plus improbables ou inimaginables. Je n’ai meme pas pense a prendre de photos.
Imaginez une immense bâtisse des années 60/70 un peu laissee a l’abandon, peuplée d’un seul employé, sans aucune aide, sans argent, sans fournitures et ne sachant pas si des réservations ont été prises !
Totalement irréel ! Et le dernier détail .. j’étais la seule chambre avec papier toilette .. mais sans clef !
Le repas n’a pas pese lourd dans mon estomac et le matin j’ai prefere me restreindre au cafe.
Mais pourquoi es tu restee la ? Lorsqu’on cherche une chambre le 14 juillet pour le 15 …
En positivant. La chambre n’était pas sale et l’employé sympathique ..
Faillite annoncée pour la semaine suivante ! il fallait profiter rapidement d’une offre qui n’existera plus !
De Larceveaux a Saint Jean Pied de port
Encore une belle journée qui s’annonce. Le soleil se lève sur les montagnes en face du gite.


Depart dans une jolie fraicheur. Le pays basque deploie ses verts. Tout est bucolique. Les bruits de la campagne avec ses nombreux animaux me rappellent ma campagne d’enfance parsemée de fermes en activité.














Je vous laisse la.. en espérant vous avoir distrait.
D’Aroue a Larceveau
Journée un peu folle. Je me suis complètement laisser aller a faire 30 km… avec des dénivelés.
Etape la plus belle et spectaculaire. Je ne sais pas si les photos vont parvenir a capter la beauté du Pays basque.
C’est très vert, c’est certain ! C’est vallonné et meme montagneux. Mais surtout il y a des fermes en activité partout ! La campagne bruisse de toute cette vie. Des animaux partout. Des fermes cossues affichent de beaux bâtiments blancs aux bardages rouges
Partie ce matin avant huit heures dans le brouillard qui donne des images irréelles.



Petit a petit le soleil s’impose pour toute la journée.

Montées et descentes .. alternance de sous bois et de cultures..

Assis devant une ferme, mon ami le japonais est la. Nous sommes contents de nous retrouver pour faire route ensemble.
Faire route ensemble comporte des moments communs et des moments seuls.

Une jolie montée nous amène a un point de vue totalement dégagée. Je dois avoir une montée de dopamine ! C’est pas possible de monter avec tant de plaisir !!!

C’est juste magnifique et je sais que les photos ne pourront pas rendre compte de cet espace, lumiere, vent, bruit..c’est le point d’orgue de ces douze jours de marche.

C’est une journée émaillée de rencontres .. un paysan me fait visiter son atelier de production de fromage de brebis. Pas question d’en acheter. Tout est utilise en consommation personnelle et la vie est largement autarcique. Et le fils reprendra la ferme donc tout va bien !
Puis ce sera un éleveur de canard. Il me fait visiter ses installations. Il me présente ses 6000 bébés canards âgés de ..1 jour. Ces petits nécessitent une attention nuit et jour.
Visiblement je ne fais pas peur ! Mais, a force de trainer, il est plus de 18h quand j’arrive au gite, un peu épuisée .. le temps de me redonner visage humain et c’est l’heure de l’apero. Vous savez pourquoi je n’ai pas blogue hier soir !










De Navarrenx a Aroue
Journee recompense ! Soleil, jolis chemins, temperature ideale.

Apres plus de dix jours de marche, j’ai etabli des relations de confiance avec mon corps. On sait tous les deux ou on en est et ce qu’on peut faire sans crainte.
En ce matin frais, tous les voyants sont au vert ! Je n’ai rien pris a manger ( le chemin y pourvoira) et je m’en fiche totalement !
Environ 400ml d’eau. Ca suffira…

Devant moi une silhouette .. je me rapproche et reconnais mon japonais devenu la coqueluche du chemin. Tout le monde parle de lui.. après ses gros soucis de pieds, il a donc réussi a repartir.

Nous marchons environ une heure ensemble et je lui traduis les messages autour de nous.
Il est très intéressé par les arbres fruitiers plantes en grand nombre par une association de pèlerins, et destines a etre glanes.


Il me confie etre devenu fermier après sa retraite d’une « compagnie ».
Nous marchons dans un calme absolu uniquement trouble par quelques chants d’oiseaux. Et je réalise que ce silence est rare.


Et, comme souvent, un accueil pèlerin m’apporte de l’eau et des gâteaux. Donativo ..


Dans ce beau temps clair et frais, les Pyrenees crèvent l’écran !



C’est tellement beau que ca fait un peu decor de cinema des années 50.
Une montée goudronnée au milieu des champs me rappelle que c’est pas toujours fun ! Il fallait bien ca !
Arrivée dans un gite magnifique et typique en debut d’apres midi apres 18km.


Un accueil tellement chaleureux ! Et c’est la première fois qu’on me lave mes vêtements ! Le luxe !


Apres tous ces jours de marche, les visages de mes compagnons de gite ont changes : burines par le soleil mais aussi plus souriants et tranquilles.
Bonne soiree
De l’Abbaye de Sauvelade a Navarrenx
Terminons la journee de samedi par une soiree a trois en anglais. Je suis avec deux marcheurs solos. Un francais avec une ration quotidienne a 30 et un jeune japonais avec une ration de ..50km/jour.

Soiree en anglais très sympathique. Vous comprendrez aisément que nous ne nous reverrons pas.
Quelle motivation pour un jeune japonais de venir en Europe uniquement pour avaler le chemin avant de repartir ? Je ne le saurai jamais.

Depart dans le petit matin frais en ensoleille. La campagne deploie ses verts et ses fleurs dans les collines du pays basque.



Et ils sont enfin devant moi, majestueux et barrant l’horizon.


Il m’accompagnent toute cette etape qui comptera finalement 20 km.
Quel plaisir de pouvoir enfin enlever blousons et autres epaisseurs. La creme solaire est de sortie.
J’ai decide de marcher d’un bon pas sans pause .. car je n’ai rien pour la pause.. pas de choix entre quiche et fromage ..
Et puis voila, sans prévenir.




Et toutes mes bonnes résolution fondent comme neige au soleil du pays basque ! Je vais rester longtemps, fascinée, incapable de repartir.



Connaissez-vous l’histoire de l’Alchimiste du chemin ?
Depuis mon premier départ au Puy-en-Velay, j’ai pu lire des petites phrases sur des ardoises accrochées dans des arbres, toutes signées l’Alchimiste. J’ai fini par m’habituer a ces rencontres qui parfois convoquent souvenirs ou questionnements.
Il y a deux jours j’ai appris que cet Alchimiste existe.. il tient un gite a Navarrenx. Je n’ai pas encore perce de mystères des jours., semaines ou mois a parcourir le chemin pour accrocher les ardoises.
Et ce matin, ce lieu magique était littéralement tapisse de petites ardoises de l’Alchimiste.
C’est reparti. J’avance d’un bon pas. Les vallons ont laisse place a un riche plateau de cultures. Les longues lignes droites s’étirent devant moi.



Partie avec tres peu d’eau, je commence a me demander si 300ml sont vraiment raisonnables.
Je tente de nouer le contact avec la population locale. En vain… et j’avance..
Un robinet me fait de l’oeil dans une cour de ferme. Apres toutes les sommations d’usage, je decide de violer la propriete privee au risque de voir debouler un molosse comme on en croise souvent. Et hop, pas de gaspillage, je termine ma gourde.
Patatras, le robinet ne fonctionne pas. Erreur de debutante. Preferer la proie pour l’ombre, etc..
Aucune solution en vue sur le plateau. Je marche… il fait deja chaud..j’entre dans une foret, des bruits me semblent etranges. Quelle activite humaine ?

Et je decouvre un circuit de moto-cross au milieu de la foret. je ne veux pas rater cette occasion. Et lorsque j’apercois un jeune motard, je le hele de loin en tendant ma gourde. Et .. reponse negative… il n’y a pas d’eau.
Faire contre mauvaise fortune bon coeur.. lui souhaiter une belle journee et repartir.
Un bruit de voiture derriere moi, je me range prudemment comme d’habitude. La voiture s’arrete a mon niveau: « le petit m’a dit que vous cherchiez de l’eau. Je lui ai dit qu’on ne va pas vous laisser sans eau. Montez, on va chercher une bouteille ». Et me voilà partie chercher la bouteille… une fois recuperee avec multes (tres sincères) remerciements, je m’apprete a reprendre ma route.
« Voulez vous que je vous avance un peu ? » avec plaisir.. et nous voilà reparti. Deux ou trois kilomètres plus loin, je quitte definitivement le president du club de moto-cross… et je bois .. et je bois…parce que j’ai soif et parce que c’est lourd cette bouteille d’eau mais je n’envisage pas d’en jeter une seule goutte !
C’est ma jolie histoire du jour.
Je termine ma journée chez des amis

Bonne fin de dimanche