De l’Abbaye de Sauvelade a Navarrenx
Terminons la journee de samedi par une soiree a trois en anglais. Je suis avec deux marcheurs solos. Un francais avec une ration quotidienne a 30 et un jeune japonais avec une ration de ..50km/jour.

Soiree en anglais très sympathique. Vous comprendrez aisément que nous ne nous reverrons pas.
Quelle motivation pour un jeune japonais de venir en Europe uniquement pour avaler le chemin avant de repartir ? Je ne le saurai jamais.

Depart dans le petit matin frais en ensoleille. La campagne deploie ses verts et ses fleurs dans les collines du pays basque.



Et ils sont enfin devant moi, majestueux et barrant l’horizon.


Il m’accompagnent toute cette etape qui comptera finalement 20 km.
Quel plaisir de pouvoir enfin enlever blousons et autres epaisseurs. La creme solaire est de sortie.
J’ai decide de marcher d’un bon pas sans pause .. car je n’ai rien pour la pause.. pas de choix entre quiche et fromage ..
Et puis voila, sans prévenir.




Et toutes mes bonnes résolution fondent comme neige au soleil du pays basque ! Je vais rester longtemps, fascinée, incapable de repartir.



Connaissez-vous l’histoire de l’Alchimiste du chemin ?
Depuis mon premier départ au Puy-en-Velay, j’ai pu lire des petites phrases sur des ardoises accrochées dans des arbres, toutes signées l’Alchimiste. J’ai fini par m’habituer a ces rencontres qui parfois convoquent souvenirs ou questionnements.
Il y a deux jours j’ai appris que cet Alchimiste existe.. il tient un gite a Navarrenx. Je n’ai pas encore perce de mystères des jours., semaines ou mois a parcourir le chemin pour accrocher les ardoises.
Et ce matin, ce lieu magique était littéralement tapisse de petites ardoises de l’Alchimiste.
C’est reparti. J’avance d’un bon pas. Les vallons ont laisse place a un riche plateau de cultures. Les longues lignes droites s’étirent devant moi.



Partie avec tres peu d’eau, je commence a me demander si 300ml sont vraiment raisonnables.
Je tente de nouer le contact avec la population locale. En vain… et j’avance..
Un robinet me fait de l’oeil dans une cour de ferme. Apres toutes les sommations d’usage, je decide de violer la propriete privee au risque de voir debouler un molosse comme on en croise souvent. Et hop, pas de gaspillage, je termine ma gourde.
Patatras, le robinet ne fonctionne pas. Erreur de debutante. Preferer la proie pour l’ombre, etc..
Aucune solution en vue sur le plateau. Je marche… il fait deja chaud..j’entre dans une foret, des bruits me semblent etranges. Quelle activite humaine ?

Et je decouvre un circuit de moto-cross au milieu de la foret. je ne veux pas rater cette occasion. Et lorsque j’apercois un jeune motard, je le hele de loin en tendant ma gourde. Et .. reponse negative… il n’y a pas d’eau.
Faire contre mauvaise fortune bon coeur.. lui souhaiter une belle journee et repartir.
Un bruit de voiture derriere moi, je me range prudemment comme d’habitude. La voiture s’arrete a mon niveau: « le petit m’a dit que vous cherchiez de l’eau. Je lui ai dit qu’on ne va pas vous laisser sans eau. Montez, on va chercher une bouteille ». Et me voilà partie chercher la bouteille… une fois recuperee avec multes (tres sincères) remerciements, je m’apprete a reprendre ma route.
« Voulez vous que je vous avance un peu ? » avec plaisir.. et nous voilà reparti. Deux ou trois kilomètres plus loin, je quitte definitivement le president du club de moto-cross… et je bois .. et je bois…parce que j’ai soif et parce que c’est lourd cette bouteille d’eau mais je n’envisage pas d’en jeter une seule goutte !
C’est ma jolie histoire du jour.
Je termine ma journée chez des amis

Bonne fin de dimanche