D’Arthez de Bearn a Sauvelade
Neuvième jour de marche.
Durant toute la nuit la pluie et le vent m’ont berce. Ce matin, ce n’est pas le temps espere. Il faut revetir a nouveau la tenue de pluie.




Quatrieme depart sous la pluie. Vetements secs ( pour le moment), chaussures humides. Pauses-pipi compliquees.
Les dix premiers kilometres me remettent en situation d’eponge qui prend l’eau de partout. Et pourtant.. tout va bien.
Et je retrouve les perspectives infinies, je respire.

Au bout de ce plateau battu par les vents, un petit bar cafe comme tant d’autres, ou il fait bon déguster un the. J’ai l’impression que les locaux ne savent pas trop que penser de cette femme dépenaillée et joyeuse sous la pluie.
C’est reparti encore sous la pluie et le vent. Le pantalon est colle contre les jambes. Le « gore tex » fait mentir sa réputation d’imperméabilité.


Le village suivant affiche une pancarte « epicerie-snack-traiteur ». Par l’idee allechee je pars a la recherche de cet antre du plaisir gustatif. « Ca se mérite », dixit la tenanciere. C’est vrai ! J’étais limite d’abandonner.

Une minuscule table m’attend ! Un repas royal apres les heures sous la pluie. Ce jour je ne choisirai pas entre fromage et quiche !
Ainsi lestée me voila repartie avec la promesse du soleil ! Il se montre enfin.

Mon regard embrasse la campagne du pays basque


Et les chemins inondes et boueux

Les chemins noirs ..pleins de lumiere printaniere


Deux heures plus tard, j’arrive a Sauvelade. Douche, etc.. repos.


Je vous dois une verite.. en ce mois d’avril, je rencontre plus d’hommes marchant seuls que de femmes. Ils ont souvent moins de 35 ans ou plus de 50 ans. Ils marchent souvent plus de 35 a 40 kilometres par jours et je ne les rencontre qu’un soir.
Les marcheurs solitaires sont souvent taiseux. Lorsqu’ils parlent, c’est souvent pour expliquer avec pudeur leur emerveillement devant les paysages, sons, lumieres et ce vent qui emplit les poumons d’une puissance bienfaitrice. Ils ou elles savent ecouter, regarder, lâchent quelque trait d’humour sur eux, racontent des rencontres ou parfois des regrets.
Ils expriment qu’ils ont obtenu une longue permission de leur compagne ( compagnons) pour vivre ce voyage d’une vie. Le but ultime « Santiago » ne représente souvent rien de particulier.
La rencontre avec des groupes se passe souvent très différemment.
Le phénomène de groupe continue a etre un mystere pour moi. Pourquoi vouloir me donner des conseils de tout type.. longueur des étapes, remplissage et poids du sac, hydratation.., hier matin mon pesage de sac a 5,3 kg tout compris ( eau et casse-croute) a dechaine multes conseils pour remédier a mon suppose manque d’hydratation..a plusieurs on prend beaucoup d’assurance il me semble..
Le temps des remerciements est venu. Remerciements ( a qui de droit !) pour parvenir a faire ce chemin en paix avec mon corps qui s’exprime tout a fait raisonnablement.
J’ai fait un petit calcul : depuis mi-2016, j’ai parcouru plus de 1300km en solo sur les GR de France.
Remerciements pour ces moments ou les pensees sont calmées.
Vous êtes avec moi en permanence et c’est un bonheur !
J’avoue que je parviens de moins en moins a lire les nouvelles du monde…



Bon samedi !