De Montreal du Gers a Eauze

Il est temps de quitter Montreal par une belle journée de printemps. il est 8h environ et ca pince a 5 degrés.

Cette fois, pas de fantaisie, je ne me perdrai pas. Objectif Eauze a 19 km.
Mon corps est content, le sac a dos comme une partie de moi, mes pieds soignes se taisent. J’avance d’un bon pas de collines en collines dans la lumiere neuve du matin.

Les kilomètres s’enchainent. Pas vraiment d’arrêt possible. La rosée est partout.

Et puis .. un de ces miracles du chemin. Un lieu accueillant qui met librement a la disposition des marcheurs boissons chaudes et fraiches, fruits gâteaux etc.. avec petite boite pour mettre la monnaie. Il y a meme des oeufs durs décorés. Une heure passée a se détendre, discuter avec un japonais et deux allemandes. Nous nous retrouverons au gite ce soir.



Les arbres portent leurs feuilles naissantes. Dans une semaine tout sera eclos. Les fleurs sont éclatantes.



Puis le chemin s’étire en lignes droites qui semblent ne jamais vouloir se terminer. Comme une allegorie de la vie ou chaque jour semble s’inscrire dans une infinite de jour. Et pourtant insensiblement j’avance sous cette voute de vert tendre.. et soudain voila Eauze et son eglise.
Arrivée a Eauze ..

Et, sans surprise maintenant, je sais que ce village du Gers sera beau. Avec sa place accueillante et ses maisons a colombage.

La journée se termine dans cette ambiance si particulière des gites du chemin ou chacun apporte sa bonne volonté, sa bonne humeur sans que rien ne soit dit sur nos vies personnelles.
Le repas est repas de fêtes pascales .. j’ai cale au dessert … et évite l’Armagnac.

A traverser la France a pieds on prend des risques ..
Risque de devenir ecolo a trop tendre l’oreille pour entendre les oiseaux et a rechercher les sauterelles supposées sauter lorsqu’on pose lourdement ses godillots.
Risque de nostalgie d’un passe fait de petits cafés sur une place ombragée de grands arbres
Risque d’overdose de ces zones indistinctes ou les Lidl côtoient les Batimat ou autres enseignes
Risque d’indignation de tous ces espaces privatises, clos et qui obligent a des contournements longs et laborieux.
Tout ca sent la bobo parisienne.. je sais ..
